Mes chroniques·Roman

Au nom de ma mère de Hanni Münzer

Le résumé:

« Étudiante à Seattle, Felicity reçoit un appel : Martha, sa mère, a disparu… Felicity la retrouve à Rome, où Martha s’est enfuie avec des archives familiales.
Martha a en effet découvert une longue lettre écrite par sa propre mère, Deborah, fille d’une diva qui connut son heure de gloire aux débuts du IIIe Reich. Une lettre qui va plonger Felicity dans une quête douloureuse.
Alternant passé et présent, ce roman mêle amour et trahison, colère et culpabilité, péché et expiation, autour d’un secret de famille courant sur quatre générations. »

Ma chronique:

« Au nom de ma mère » est paru pour la première fois aux éditions de l’Archipel en novembre 2017. A l’occasion de la sortie de la suite de ce récit intitulée « Marlène », ce roman a été réédité en format poche en janvier 2020. L’occasion pour moi de découvrir ce récit, sur les conseils (très poussés) de ma chère Laure alias « Liseuse Hyperfertile ».

Mai 2012. Seattle. Felicity prépare sa valise. Cette jeune médecin s’engage pour une mission humanitaire à Kaboul. La fuite, c’est un peu le quotidien de la jeune femme. En couple avec Richard, médecin lui aussi, Felicity n’est pas prête à s’engager. Serait-ce dû à la relation particulière qu’elle a avec sa mère? Les deux femmes sont distantes l’une de l’autre, Martha n’ayant jamais fait preuve de tendresse maternelle. Et cette dernière va encore lui jouer un tour. Alors qu’elle s’apprête à partir, Felicity apprend la disparition de sa mère…

C’est à Rome qu’elle va la retrouver et renouer également avec son passé. Sa grand-mère décédée, Maria, a en effet légué un roman à Martha dans lequel elle lui raconte l’histoire de sa famille.

Fille d’une grande cantatrice allemande, Elizabeth, et d’un médecin respecté, Gustav, Maria (autrefois appelée Déborah) est issue d’une famille allemande aisée. Ses parents s’aimaient et coulaient des jours paisibles à Munich au 10 Prinzregentenplatz, l’immeuble familial. Mais leur vie bascule dans les années 30 avec l’arrivée d’un certain Hitler au pouvoir. Les persécutions des juifs commencent et le père de Déborah, juif, va organiser leur fuite. En vain, puisque c’est ce dernier qui va disparaître, laissant Elizabeth dans le plus grand des désarrois.

Dès lors, Elizabeth et ses deux enfants ne vont plus vivre mais survivre. Et la rencontre avec un certain Albrecht Brunnmann, haut fonctionnaire au service de Hitler, va changer la destinée de Déborah.

Pendant plus de vingt ans, nous allons suivre cette famille à travers l’Allemagne, la Suisse, la Pologne. Le destin de cette famille m’a beaucoup touchée. J’ai frissonné à mesure que les pages avançaient. L’arrivée progressive de Hitler au pouvoir, ses sbires maléfiques, les projets d’extermination, les humiliations publiques, tout est détaillé.

Le personnage de Déborah donne également beaucoup de caractère au roman. Jeune fille aussi splendide que sa mère, Déborah va vite tomber dans les griffes du Reich. Aussi naïve qu’impulsive, la jeune fille va tomber dans la gueule du loup. À moins que ce ne soit le contraire…

La rencontre avec Marlène signe un tournant dans le récit. Cette jeune femme incandescente, à peine plus âgée que Déborah, et qui rêve de devenir actrice a un tempérament de feu. Grâce à elle, Deborah va prendre conscience de ce qui se passe réellement, sortir de son cocon et découvrir l’Horreur. Les deux femmes, qui auront une relation particulière, vont unir leurs forces contre le terrible Brunnmann.

Je conseille?

Une histoire familiale dans l’Histoire. Voilà ce que nous livre ce récit bouleversant mais nécessaire sur l’Horreur. « Au nom de ma mère » met à l’honneur des femmes hors du commun. Elizabeth, Déborah ou encore Marlène, essayeront, chacune à leur manière, de combattre le nazisme et ceux qui en sont à l’origine.

(La suite de « Au nom de ma mère » est sortie en janvier 2020 aux éditions de l’Archipel. Je la lirai bientôt et vous en parlerai plus tard).