Lectrice Charleston 2020·Mes chroniques de Lectrice

Le silence des vaincues de Pat Barker

Processed with MOLDIV
Processed with MOLDIV

Le résumé:

« Le mythe fondateur de toute la littérature européenne commence par la banale histoire d’une reine enlevée à son époux par un autre homme. Mais prisonnière du camp grec, une autre reine observe le destin du monde se jouer sous ses yeux : Briséis, la captive d’Achille, par qui la guerre basculera. Presque 3000 ans plus tard, il est temps d’entendre sa voix – et à travers elle, peut-être celle de toutes les femmes, laissées muettes par l’Histoire et la Littérature. »

Ma chronique:

« Le silence des vaincues » est le dernier roman de Pat Barker qui sort ce 25 août aux éditions Charleston.

Les grecs menés par Achille pénètrent les portes de Lyrnessos. Tous les hommes sont tués. Restent les femmes qui deviennent captives de l’armée grecque. Parmi elles, Briséis, femme du roi Mynès, reine de Lyrnessos. Ses frères et son mari sont assassinés. Elle, vivante, devient la prisonnière d’Achille. Dans ce récit, elle brise le silence des vaincues et nous dévoile le quotidien de celles qui sont réduites au silence.

J’ai toujours été passionnée par la mythologie. Lire ce roman qui traite d’un épisode de la guerre de Troie était très prometteur. Mais hélas, le coup de cœur n’a pas été au rendez-vous. Loin de là….

« Le silence des vaincues » est un condensé de scènes de sexes et de violence. Les femmes prisonnières se rassemblent quelques fois dans la journée. Lorsqu’elles se retrouvent,  elles s’entretiennent sur les préférences sexuelles de leurs bourreaux (passages qui font la moitié du récit). Certes, elles sont devenues de véritables esclaves (sexuelles pour la plupart du temps) mais tout de même. Leurs mots sont crus et le langage est très actuel. Un décalage qui m’a beaucoup gênée et que j’ai trouvé très grossier. 

Avec le sexe, la violence donc. En veux tu en voilà. La guerre de Troie bat son plein et l’auteure n’est pas avare de détails sordides. Rien n’est épargné, vous saurez tout des blessures des soldats et de la décomposition des cadavres….

Pour moi la mythologie est sacrée et là j’ai trouvé que tout était sali. Que ce soit Achille, Agamemnon, ou encore Ulysse, ces héros mythiques sont traités comme des gros pervers, des bourreaux narcissiques, des monstres. Bien sûr, tout n’est jamais rose mais là l’auteure accentue la négativité de tous les personnages. Hommes comme femmes. Bourreaux comme captives.

Je n’ai en effet eu aucune affection pour les captives. Briséis m’a été antipathique toute la durée du récit. Je n’ai pas eu vraiment d’empathie pour les autres captives non plus d’ailleurs. J’ai trouvé leurs préoccupations bien trop légères et familières. Et quand elles ne parlent pas de sexe, et bien il n’y a rien…

Je conseille?

Tout au long de ma lecture, je n’avais qu’une question en tête. Pourquoi? Pourquoi avoir écrit ce récit? Quel était l’intérêt et le but recherchés? Arrivée à la fin, je n’ai pu répondre à aucune de ces questions. Pourquoi une telle réécriture d’un épisode mythologique? Je trouve que ce récit dessert les mythes et les tournent en dérision. Et je ne vois pas du tout l’intérêt d’un tel roman. Un condensé de violence et de sexe, voilà comment je résumerai ce roman.

2 commentaires sur “Le silence des vaincues de Pat Barker

Les commentaires sont fermés.